Le projet de loi de finances pour 2027 commence à se préciser et, une nouvelle fois, le logement occupe une place importante dans les premières orientations annoncées par le Gouvernement.
Création d’un nouveau Prêt à Taux Zéro destiné aux familles, possibilité de cumuler plusieurs dispositifs de financement, évolution des donations familiales, gel envisagé des APL… Les premières annonces pourraient avoir des conséquences très concrètes pour les Français qui préparent un projet immobilier en 2027.
Parmi elles, une mesure retient particulièrement l’attention : la création d’un « PTZ Parentalité » pouvant, dans certaines situations, atteindre jusqu’à 180 000 €. L’objectif serait de faciliter l’accession à la propriété ou le changement de logement des ménages dont la famille s’agrandit.
Il convient néanmoins de rester prudent : au 23 septembre 2026, le Budget 2027 n’est pas définitivement adopté. Les modalités présentées ci-dessous correspondent donc aux premières orientations et annonces connues et pourront être modifiées au cours du processus budgétaire et des débats parlementaires.
Un Budget 2027 qui pourrait renforcer l’accession à la propriété
Après plusieurs années difficiles pour le marché immobilier et la construction neuve, la question de l’accession à la propriété demeure centrale.
La remontée des taux de crédit intervenue ces dernières années, l’augmentation du coût de la construction et la diminution du nombre de logements disponibles ont profondément modifié les capacités d’achat d’une partie des ménages.
Dans ce contexte, les pouvoirs publics cherchent notamment à favoriser les parcours résidentiels : permettre aux primo-accédants de devenir propriétaires, mais également permettre aux ménages déjà propriétaires de déménager lorsque leur logement n’est plus adapté à leur situation familiale.
C’est précisément dans cette logique qu’apparaît l’une des principales nouveautés actuellement envisagées pour 2027 : le PTZ Parentalité, parfois également présenté sous l’appellation de PTZ Natalité.
Le PTZ Parentalité : un nouveau prêt à taux zéro pour les familles ?
Le principe annoncé est relativement simple.
Lorsqu’un enfant arrive dans une famille, les besoins immobiliers peuvent rapidement évoluer. Un appartement de deux pièces parfaitement adapté à un couple peut devenir trop petit avec l’arrivée d’un premier enfant. De la même manière, une famille vivant dans un trois pièces peut avoir besoin d’une chambre supplémentaire lorsqu’elle s’agrandit.
Mais passer d’un T2 à un T3, d’un T3 à un T4 ou rechercher une maison plus grande suppose généralement un budget plus important.
Le Gouvernement envisage donc de créer un nouveau prêt sans intérêts spécifiquement lié à l’arrivée d’un enfant, afin de diminuer le montant devant être financé avec un crédit immobilier bancaire classique.
Le ministre de la Ville et du Logement a confirmé en septembre la volonté d’intégrer ce nouveau mécanisme au Budget 2027. Il reste néanmoins à en connaître les modalités définitives et, surtout, à attendre son adoption par le Parlement.
Jusqu’à 180 000 € de PTZ dans certaines situations
C’est probablement le chiffre qui retiendra le plus l’attention des futurs acquéreurs.
Selon les premières informations communiquées, le PTZ Parentalité pourrait atteindre jusqu’à 180 000 € pour les dossiers répondant aux conditions les plus favorables.
Ce montant maximal ne serait évidemment pas accessible à tous les ménages.
Comme pour le PTZ actuel, plusieurs éléments pourraient être pris en compte pour déterminer le montant réellement accordé :
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les revenus du foyer ;
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le nombre de personnes composant le ménage ;
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la localisation du logement ;
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le coût total de l’opération immobilière ;
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et les caractéristiques définitives du dispositif retenues par le législateur.
L’hypothèse d’un financement pouvant représenter jusqu’à 50 % du coût retenu de l’opération pour certaines catégories de ménages est notamment évoquée. Le plafond de 180 000 € correspondrait, dans les hypothèses actuellement avancées, aux configurations familiales et géographiques bénéficiant des plafonds les plus élevés.
Il faut cependant garder à l’esprit que ces montants ne figurent pas encore dans un dispositif définitivement adopté.
Une différence majeure avec le PTZ actuel
Le PTZ Parentalité pourrait surtout apporter une évolution importante par rapport au Prêt à Taux Zéro classique.
Aujourd’hui, le PTZ est principalement destiné aux primo-accédants, c’est-à-dire, sauf exceptions prévues par la réglementation, aux ménages qui n’ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux années précédentes.
Le dispositif actuellement en vigueur a par ailleurs été élargi aux logements neufs sur l’ensemble du territoire et doit rester ouvert jusqu’au 31 décembre 2027.
Le futur PTZ Parentalité obéirait à une logique différente.
Il pourrait notamment concerner une famille qui est déjà propriétaire de son logement, mais qui a besoin d’acheter plus grand en raison de l’arrivée d’un enfant.
Prenons un exemple très concret.
Un couple propriétaire d’un appartement T2 attend son premier enfant. Son logement devient trop petit et le ménage souhaite acquérir un T3 ou un T4.
Avec le fonctionnement actuel du PTZ classique, le couple propriétaire ne peut généralement pas solliciter un nouveau PTZ simplement parce qu’il souhaite acheter plus grand.
Le PTZ Parentalité aurait justement vocation à répondre à cette situation.
Une aide accessible dès la grossesse ?
Les premières pistes évoquent également une période d’éligibilité relativement large.
Le nouveau prêt pourrait être mobilisable dès la grossesse et pendant les premières années de l’enfant, certaines informations évoquant une possibilité allant jusqu’aux 3 ans de l’enfant.
Cette disposition permettrait aux ménages d’anticiper leur changement de logement plutôt que d’attendre que leur habitation actuelle devienne réellement trop petite.
Pour un couple attendant un enfant, la recherche d’un appartement familial pourrait ainsi débuter suffisamment tôt pour trouver un logement correspondant réellement à ses besoins futurs.
Là encore, les conditions précises — notamment l’âge limite de l’enfant, les justificatifs demandés ou les plafonds de ressources — devront être confirmées par les textes définitifs.
Immobilier neuf ou immobilier ancien : quels logements seraient concernés ?
Autre élément important : le PTZ Parentalité ne devrait pas nécessairement être réservé à l’immobilier neuf.
Les premières informations indiquent que le mécanisme pourrait concerner aussi bien l’achat d’un logement neuf que l’acquisition d'un logement ancien, sous réserve des conditions qui seront finalement inscrites dans la loi.
Pour l'immobilier neuf, ce nouveau prêt pourrait néanmoins présenter un intérêt particulier.
Lorsqu’une famille cherche un logement plus grand, elle recherche généralement beaucoup plus qu’une simple augmentation du nombre de mètres carrés.
Les acquéreurs sont attentifs à la présence d’une chambre supplémentaire, aux rangements, à l’organisation des pièces, à la présence d’une terrasse ou d’un jardin, au stationnement, aux performances énergétiques ainsi qu’à la proximité des écoles, commerces et transports.
Les programmes immobiliers neufs proposent justement des logements conçus selon les standards actuels, allant du studio aux grands appartements familiaux, avec des plans optimisés et des prestations adaptées aux nouveaux usages.
PTZ classique + PTZ Parentalité : un cumul qui pourrait changer certains plans de financement
C’est potentiellement l’un des aspects les plus intéressants du futur dispositif.
Le Gouvernement envisage que le PTZ Parentalité puisse être cumulé avec le PTZ classique, lorsque le ménage respecte simultanément les critères d’éligibilité des deux mécanismes.
Prenons l’exemple d’un couple primo-accédant attendant son premier enfant et souhaitant acheter un appartement neuf.
Son financement pourrait alors théoriquement être composé de plusieurs sources :
apport personnel + PTZ classique + PTZ Parentalité + prêt immobilier bancaire.
Cela ne signifie évidemment pas que chaque acquéreur pourra automatiquement additionner les montants maximums de chaque dispositif.
Le coût de l’opération, la zone géographique, les revenus, la composition du foyer et les futures règles de cumul viendront encadrer le montant total pouvant être obtenu.
Mais l’effet sur le coût d’un financement pourrait être significatif.
Pourquoi un PTZ supplémentaire peut-il avoir autant d’impact ?
Le principe d’un Prêt à Taux Zéro est particulièrement intéressant dans une opération immobilière puisqu’il permet d’emprunter une partie du prix du logement sans supporter d’intérêts sur cette fraction du financement.
Imaginons, de manière volontairement simplifiée, un projet immobilier de 300 000 €.
Plus la part pouvant être financée par des prêts à taux zéro est importante, moins le ménage doit emprunter auprès d’une banque aux conditions classiques du marché.
Cela peut avoir plusieurs conséquences :
réduction du coût global des intérêts, mensualité bancaire potentiellement plus faible, amélioration de la capacité de financement ou possibilité de rechercher un logement davantage adapté aux besoins de la famille.
Pour certains ménages situés à la limite de leur capacité d’emprunt, quelques dizaines de milliers d’euros supplémentaires financés à 0 % peuvent donc modifier sensiblement l’équilibre du projet.
L’étude du financement dans son ensemble restera cependant indispensable : un PTZ est un prêt et devra bien être remboursé, même s’il ne génère pas d’intérêts.
Les donations familiales pourraient elles aussi évoluer en 2027
Le Budget 2027 pourrait également modifier un autre élément qui joue régulièrement un rôle dans l’accession à la propriété : l’aide financière apportée par la famille.
Le Gouvernement a annoncé vouloir favoriser les transmissions plus précoces entre générations.
Parmi les mesures envisagées figure notamment le relèvement temporaire du plafond du don familial de sommes d’argent exonéré, qui passerait de 31 865 € actuellement à 50 000 €.
D’autres adaptations de la fiscalité des donations sont également envisagées dans le cadre du plan annoncé pour 2027, mais devront être confirmées par le texte budgétaire et le vote du Parlement.
Pour un achat immobilier, cette évolution pourrait avoir des conséquences très concrètes.
Une donation peut permettre à un acquéreur :
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d’augmenter son apport personnel ;
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de diminuer le montant de son crédit immobilier ;
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d’améliorer son plan de financement ;
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de financer certains frais annexes ;
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ou encore d’accéder à un logement correspondant davantage à ses besoins.
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Un dispositif particulièrement avantageux existe déjà jusqu’à fin 2026 pour l’immobilier neuf
Attention toutefois à ne pas confondre les annonces pour 2027 avec une mesure qui existe déjà actuellement.
Depuis février 2025 et jusqu’au 31 décembre 2026, un dispositif temporaire permet, sous conditions, d’exonérer certains dons familiaux de sommes d’argent lorsqu’ils servent notamment à financer l’acquisition d’un logement neuf ou d’un logement acheté en VEFA.
L’exonération peut atteindre 100 000 € par donateur, dans la limite globale de 300 000 € reçus par bénéficiaire. L’argent doit notamment être affecté au projet dans le délai prévu par le dispositif et le logement doit respecter plusieurs conditions de conservation et d'occupation.
Pour les familles qui disposent d’un projet immobilier neuf déjà avancé en 2026, il est donc particulièrement important de comparer les dispositifs actuellement applicables avec les mesures seulement envisagées pour 2027.
Attendre une future réforme n’est pas nécessairement plus avantageux : tout dépend de la situation personnelle, familiale et patrimoniale de chaque acquéreur.
Le gel des APL également envisagé pour 2027
Toutes les annonces concernant le logement ne portent pas sur de nouvelles aides.
Le Gouvernement prévoit également de proposer un gel des aides personnelles au logement en 2027.
Concrètement, il ne s’agirait pas d’une suppression des APL ni d’une diminution automatique du montant versé aux bénéficiaires, mais d’une absence de revalorisation de leur barème durant l’année concernée.
La distinction est importante.
Un bénéficiaire ne verrait donc pas nécessairement son allocation baisser du seul fait de cette mesure. En revanche, lorsque les loyers ou le coût de la vie augmentent, une aide qui reste stable couvre progressivement une part moins importante des dépenses du ménage.
Cette proposition devra elle aussi être examinée par le Parlement avant de pouvoir entrer en vigueur.
Faut-il attendre 2027 pour acheter un logement neuf ?
C’est probablement la question que certains futurs acquéreurs se poseront en découvrant ces annonces.
Et la réponse dépend avant tout du projet.
Le PTZ Parentalité pourrait constituer une nouvelle opportunité pour certaines familles en 2027, mais ses modalités définitives ne sont pas encore connues. Il serait donc prématuré de construire aujourd’hui un plan de financement en considérant cette aide comme acquise.
À l’inverse, plusieurs dispositifs sont déjà mobilisables en 2026.
Le PTZ actuel peut notamment financer une partie de l’acquisition d’un logement neuf pour les ménages éligibles. Des dispositifs comme la TVA réduite à 5,5 %, le Bail Réel Solidaire (BRS), le Prêt Social Location-Accession (PSLA) ou certaines aides locales peuvent également intervenir selon le programme, la commune et la situation de l’acquéreur.
L’immobilier neuf bénéficie par ailleurs de frais de notaire réduits par rapport à l’ancien et de logements répondant aux réglementations environnementales et énergétiques récentes.
Dans certains programmes, l’addition de plusieurs dispositifs peut donc déjà permettre de construire un plan de financement particulièrement performant.
Le plus important est de raisonner à partir de sa situation personnelle plutôt qu’à partir d’une seule aide : revenus, apport, composition familiale, mensualité souhaitée, localisation, typologie recherchée et durée du financement doivent être étudiés ensemble.
2027 pourrait néanmoins marquer une nouvelle étape pour l’accession à la propriété
Si les mesures actuellement annoncées sont finalement adoptées, l’année 2027 pourrait donc apporter de nouveaux outils aux ménages qui souhaitent devenir propriétaires ou adapter leur logement à l’évolution de leur famille.
Le futur PTZ Parentalité serait particulièrement novateur puisqu’il ne viserait plus uniquement le premier achat immobilier : il accompagnerait directement une étape de vie, l’arrivée d’un enfant et le besoin de disposer d’un logement plus grand.
Associé au PTZ classique pour certains primo-accédants et à une éventuelle évolution des donations familiales, il pourrait offrir de nouvelles possibilités de financement à certains ménages.
Mais le calendrier budgétaire doit désormais suivre son cours.
Les annonces réalisées en septembre constituent des orientations gouvernementales. Les conditions d’éligibilité, plafonds de ressources, montants, règles de cumul et modalités d’application devront être confirmés par les textes.
Les futurs acquéreurs auront donc tout intérêt à suivre les prochaines étapes du Budget 2027 avant de considérer ces dispositifs comme définitivement acquis.
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